Drôles d’antinomies impulsées majoritairement par le monde de l’entreprise. Imaginairement, la gestion des risques rejoint le développement durable. Tous deux sont accaparés par différentes personnes, corps de métiers ou toute autre personne morale mais avec des acceptations différentes. Allez toucher deux mots de risques financiers à un écologiste et réciproquement deux mots de risques environnementaux à un financier vous allez rigoler 5mn mais ça ne vous aidera pas à dresser une définition acceptable de la gestion des risques.

 

Le cas qui fait école en France en matière de gestion des risques est l’affaire du sang contaminé. Cette affaire en dit assez long sur le rapport entre gestion des risques et individu. Je vous invite à lire la page Wikipedia (c'est pas mal quand même wikipedia pour ce genre d'info :) ) concernant l’affaire du sang contaminé et à vous demander où ça a coincé ? Difficile à dire hein ? Est-on dans l’homicide involontaire par la force des choses ou par l’inadvertance de certains ? Que sait-on sur la réelle marge de manœuvre de chacun des accusés mis à part que le système médicale aurait eu du mal à suivre leurs décisions ?

 

Voilà un visage de la gestion des risques, on est dans des systèmes tellement complexes qu’il est parfois difficile de tenir chacun des tenants et aboutissants d’un processus. A partir de là difficile, voir impossible, de trouver des coupables, on ne peut se rabattre que sur des responsables à un moment donné du processus (donc très souvent coresponsables). D’où une certain frustration de l’individu républicain face aux décisions de justice dans des affaires de ce genre. Et très souvent l’avantage au Pouvoir (pas forcement dans le mauvais sens du terme) même si de plus en plus le déficit d’image est fort.

 

Bref, on voit assez clairement que la gestion des risques reste une démarche organisationnelle  (entreprise ou institution) qui postule l’organisation comme stable (ou stabilisable). Du coup, il va être plutôt nécessaire, selon son activité bien entendu, d’intégrer la protection du personnel dans ses démarches de veille stratégique. C’est vrai : il va être encore plus nécessaire de les virer si un gros risque financier pointe son nez. Eh oui la gestion des risques c’est comme la bourse c’est pour les entreprises que ça marche, pas pour les particuliers. Ce qui est vraiment inquiétant reste le contrôle global des processus à l’œuvre dans le monde contemporain. La plupart des législations occidentales sont alors tenues en échec, peut être pas mat mais disons au roi. La mise en transparence de ces macro-systèmes détermine, nous l’avons vu, des responsables mais pas de coupables. On favorise alors la force de l’organisation qui ne sera plus coupable et puis de toutes façons «  on a mis en place des processus de gestion des risques ici, ici et là alors vous voyez… on fait bien les choses »


On aperçoit ici la toute puissance de l’idéologie capitaliste qui reste surement la seule idéologie à intégrer l’analyse et le traitement de ses propres limites ainsi que des systèmes qu’elle instaure (d’ailleurs je ferai bien un billet là-dessus un de ces quatre).

 

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