Gestion des risques VS société contemporaine
Par Frame le vendredi 13 juillet 2007, 17:47 - humeurs zé billets - Lien permanent
A l’époque de quand j’étais jeune et fou (il y a 2 ans donc), j’ai eu l’occasion de m’intéresser un peu au concept de gestion des risques. Concept dont le nom reposerait sur une antinomie. Le risque est le danger ou la menace qui a des probabilités de nous tomber sur le coin de la tronche. La gestion serait plutôt le contraire ; une rationalisation d’un type d’informations en vue d’actions souvent stratégiques ; ce qui finit assez souvent par faire tomber quelque chose sur le coin de la tronche de l’autre (mais avec des meilleures probabilités que le simple risque).
On parlera donc ici de gestion organisationnelle mise en place à différents niveaux par les entreprises et firmes contemporaines. Il est, en effet, difficile d’envisager la gestion des risques comme extérieure aux processus de rationalisation et de normalisation des activités économiques, industrielles et sociales.
Je ne parlerai pas dans ce billet des différents processus de veille, des pratiques professionnelles à l’œuvre en termes de gestion des risques. Tout cela est plutôt bien expliqué sur wikipedia et chacun comprendra le lien entre communication, information, NTIC et gestion des risques.
Ce sujet fait débat ! sur Formateur-Consultant : le Blog de Sylve Isis
Ce sujet fait encore plus débat !!! sur Formateur-Consultant : le Blog qui est toujours à Sylve Isis. Cette fois et puisque c'est vraisemblablement ce qui fait débat, c'est la gestion des risques et l'humain qui sont abordés. Bien plus pratique que mon billet, Sylve Isis nous fait part de son expérience de professionnelle du risque en milieu hospitalier.
Drôles d’antinomies impulsées majoritairement par le monde de l’entreprise. Imaginairement, la gestion des risques rejoint le développement durable. Tous deux sont accaparés par différentes personnes, corps de métiers ou toute autre personne morale mais avec des acceptations différentes. Allez toucher deux mots de risques financiers à un écologiste et réciproquement deux mots de risques environnementaux à un financier vous allez rigoler 5mn mais ça ne vous aidera pas à dresser une définition acceptable de la gestion des risques.
Le cas qui fait école en France en matière de gestion des risques est l’affaire du sang contaminé. Cette affaire en dit assez long sur le rapport entre gestion des risques et individu. Je vous invite à lire la page Wikipedia (c'est pas mal quand même wikipedia pour ce genre d'info
) concernant l’affaire du sang contaminé et à vous demander où ça a coincé ? Difficile à dire hein ? Est-on dans l’homicide involontaire par la force des choses ou par l’inadvertance de certains ? Que sait-on sur la réelle marge de manœuvre de chacun des accusés mis à part que le système médicale aurait eu du mal à suivre leurs décisions ?
Voilà un visage de la gestion des risques, on est dans des systèmes tellement complexes qu’il est parfois difficile de tenir chacun des tenants et aboutissants d’un processus. A partir de là difficile, voir impossible, de trouver des coupables, on ne peut se rabattre que sur des responsables à un moment donné du processus (donc très souvent coresponsables). D’où une certain frustration de l’individu républicain face aux décisions de justice dans des affaires de ce genre. Et très souvent l’avantage au Pouvoir (pas forcement dans le mauvais sens du terme) même si de plus en plus le déficit d’image est fort.
Bref, on voit assez clairement que la gestion des risques reste une démarche organisationnelle (entreprise ou institution) qui postule l’organisation comme stable (ou stabilisable). Du coup, il va être plutôt nécessaire, selon son activité bien entendu, d’intégrer la protection du personnel dans ses démarches de veille stratégique. C’est vrai : il va être encore plus nécessaire de les virer si un gros risque financier pointe son nez. Eh oui la gestion des risques c’est comme la bourse c’est pour les entreprises que ça marche, pas pour les particuliers. Ce qui est vraiment inquiétant reste le contrôle global des processus à l’œuvre dans le monde contemporain. La plupart des législations occidentales sont alors tenues en échec, peut être pas mat mais disons au roi. La mise en transparence de ces macro-systèmes détermine, nous l’avons vu, des responsables mais pas de coupables. On favorise alors la force de l’organisation qui ne sera plus coupable et puis de toutes façons « on a mis en place des processus de gestion des risques ici, ici et là alors vous voyez… on fait bien les choses »
On aperçoit ici la toute puissance de l’idéologie capitaliste qui reste surement la seule idéologie à intégrer l’analyse et le traitement de ses propres limites ainsi que des systèmes qu’elle instaure (d’ailleurs je ferai bien un billet là-dessus un de ces quatre).
Commentaires
Coucou Frame,
Heureuse de te voir de retour ! Merci pour ton petit mot, les débats ne sont jamais clôs bien au contraire et si tu as un saganecdote à me livrer pour la saga de l'été, je suis preneuse !
Je viens de lire ton article sur la gestion des risques que je trouve très pessimiste, d'autant que c'est mon métier et qu'il m'appartient donc de défendre mon territoire ! (hum !)... A plus forte raison parce que je travaille dans le milieu de la santé où il est vrai que l'affaire du sang contaminé a remué les consciences et les pouvoirs publics ! Il est vrai que la gestion des risques n'est pas aisée car elle fait souvent appel à des concepts issus de l'industrie qui sont encore peu accessibles à certaines structures, mais les choses bougent ! Je suis ok sur la difficulté de la mise en transparence mais n'est pas là le rôle d'un plan de communication efficace ?! Quant aux approches organisationnelles telles que l'OHSAS (Occupational Health ans Safety Assessment Series) qui précise les règles pour la gestion da la santé et de la sécurité dans le monde du travail, il y a encore du boulot car là je te parle de 4ème dimension. L'objectif d'une telle méthode est de limiter les risques en matière de santé et de sécurité professionnelle, de réduire les accidents professionnels et de préciser les caractéristiques d'un environnement de travail sûr. Il s'agit en fait d'un système de management de sécurité au travail... D'actualité : 6ème suicide chez Peugeot hier ! De la théorie à la pratique il y a un monde mais si l'on en juge par tous les mal-être sur le lieu du travail je pense que le jeu en vaut la chandelle... Trouver des coupables ? Oui... Et Alors ? Faisons surtout de la prévention afin que cela se produise de moins en moins et pourquoi ne pas tendre vers le risque 0 (et en la matière je ne me veux pas utopiste !). Pour moi, gérer les risques, c'est aussi et avant tout faire de l'humain... Mais cela n'engage que moi !!
Bien à toi
Sylve
Salut Sylve,
.
merci pour ce commentaire qui magnifie l'importance du facteur résistance de l'humain dans sa confrontation aux forces et logiques organisationnelles et complète mon billet par la même occasion
Ceci dit quand tu dis que gérer les risques est avant tout faire de l'humain, je comprends mais ça me dérange un peu. Pratiquement, la gestion des risques est la mise en place de procédures coercitives qui sont alors des normes dans l'industrie ou des lois dans une république.

Dans les 2 cas, l'employé et l'individu ne peuvent s'y soustraire à moins d'être hors la loi. Du coup faire de l'humain est-ce réduire la marge de manoeuvre de l'individu toujours plus pour son "bien" ? <-- sophistique
Frame
... Eh voui Frame... Nous vivons en République merci de nous le rappeler et non sous un régime totalitaire ! Les lois sont faites pour être respectées (en principe !), mais aussi modifiées et améliorées et les procédures également ! On ne va pas refaire le monde, ni le système une fois de plus... mais l'améliorer on peut ! Le management participatif cela n'existe pas que sur la lune et les consensus entre individus non plus... Je suis d'accord pour dire très entièrement "non" à la soumission et "oui" au libre-arbitre, mais il revient ici comme un vieux débat sur l'anarchie et sur les règles pré-établies qu'il nous faut respecter... Le "respect" de l'autre au sein de la société est aussi un élément prépondérant et il s'agit également de savoir où se place la limite de la liberté individuelle ?! Peut-être effectivement est-ce simplement une théorie philosophie issue du sophisme... Et si pour une fois, nous allions au-delà des apparences ?!? Merci pour ce débat !!
je suis d'accord avec toi Sylve Isis et je ne remets pas en question l'état grégaire de l'être humain et les magnifiques constructions sociales et consensuelles qu'il sait mettre en place.
Ma "thèse" de départ est simplement que la gestion des risques est un outil articulé par une organisation quelconque (un pays, une entreprise, une région, un réseau, etc.) et ne jouera jamais contre la stabilité de cette même organisation (en bien ou en mal hein ?
).
Il s'agit d'un dispositif normatif tendant effectivement vers le mythe contemporain du 0 défault (quand c'est possible) où de nombreux outils, dont le management participatif, sont l'expression de la volonté organisationnelle d'être stable avant toutes autres choses.
Enfin bref, quand je parle de gestion des risques et d'organisations, je ne souhaite pas faire l'apologie ou le rejet de quoi que ce soit en sachant qu'une organisation (dans ma tête) prend aussi bien la forme de la firme Coker-collé que de la république française que d'une petite entreprise de 3-4 salariés. Avec cet angle de vue, la gestion des risques est alors + un outil organisationnel qu'une pratique professionnelle (d'où tes réactions de pro outrée par tant d'indécence et de froideur vis-à-vis de la gestion des risques peut être ?
).
Heureusement que tu me fais rire : on ne m'avait jamais dit que j'étais "pro-outrée" !!! (rires ++++ !!!!!!!!)... disons plus simplement que je suis une femme de convictions et autant que possible je défends bec et ongle ces dernières (je pense que tu l'avais bien compris !!!)... Je ne trouve pas ton analyse indécente loin de là mais au contraire très pertinente et je suis ô combien d'accord sur le fait qu'il faudrait parfois plus que le pack néozélandais en pleine poussée pour faire bouger les choses... Preuve en est : après un master en risk management je change d'orientation via la formation professionnelle... et je t'interdis de rire !!
Et bien ça chauffe dans le coin...
Vous venez de me donner une idée formidable pour un prochain billet : La gestion des risques dans le domaine de la sécurité routière tient elle compte du facteur humain ??? (question idiote...réponse idiote...)...
Il me semble que la gestion des risques n'existait pas lors de l'affaire du sang contaminé, la gestion tout court non plus d'ailleurs ainsi que la vrai justice aussi. Les accusés au statut politique, minitres et autres responsables du gouvernement (de gauche faut il le rappeler...), (c'était pas vraiment le capitalisme à l'époque donc...) ont été jugés par une cour et un tribunal de justice spécialement aménagé pour l'occasion (aucune sanctions proclamées), en revanche les accusés au statut on va dire, médicaux fonctionaires, ont été jugés par une cour et un tribunal tout à fait classique (il y a eu des sanctions lourdes), VIVE la République (cela ressemble à s'y méprendre aux pratiques Léniniste, voir Maoiste, si je ne m'abuse...)
Aujourd'hui nous pouvons enfin parler de GESTION des risques puisque la GESTION est enfin de retour...il était temps...
Bien à vous,
Christian
... merci Christian d'être aussi un homme de convictions ! Non mais...
Pour avoir tenté une thèse sur les dispositifs informationnels le long des autoroutes je dois avouer que ta question m'apparait comme particulièrement passionnante. Et si tu dis ça sur le ton de la plaisanterie je suis sûr que ce sujet te révélerait pourtant bien des choses
par exemple que la sécurité humaine est envisagée au niveau de la communication. Au niveau de l'organisation c'est plutôt la fluidité du réseau autoroutier qui est primordiale... A partir de là, s'il y a un accident le reseau perd en fluidité, est abimé, etc... En tout cas lorsqu'on lit les documents publiés par les sociétés autoroutières l'importance du dispositif technique apparait au moins égale à la sécurité humaine ;). --Je m'intéressais alors aux organisations autoroutières et pas vraiment à ces usagers autrement que comme éléments de cette organisation ce qui biaise forcement et consciemment ma vision des choses.--
Pour le capitalisme et l'époque je ne suis pas d'accord, j'ai parlé d'idéologie et non de politique capitaliste. Je vois le capitalisme comme une tendance et qu'on soit de gauche, de droite ou d'ailleurs on est fortement influencé voir parfois obligé de faire avec (comme dans toute idéologie
). Quant à l'époque je dirais là encore ques les révolutions industrielles ont posé les bases techniques du capitalisme.
Après concernant la manière dont la justice a été rendue tu sembles d'accord avec moi le Pouvoir est responsable mais pas coupable
Dans le même genre, le principe de précaution repose également avant tout sur de la communication, comme un feu clignotant. Il y aurait baucoup à dire également sur le système d'alerte permanent (alerte météo, alerte enlèvement, alerte vigipirate) qui entretien un climat de peu. Est-ce pour nous cantonner au statut de citoyens-spectateurs effrayés par le monde extérieur qui défile sur le petit écran ?
Frame,
La gestion des risques concernant la sécurité routière est très présente et des hommes et femmes de bonne volonté, loin de toute polémiques ni partie pris ni idéologies, cherche, sans cesse, jours et nuits, à réduire le nombre de tués sur les routes...il se trouve que le PLUS FORT % de tués s'identifie non pas sur les autoroutes, mais sur les nationales, départementales et communales. La gestion des risques dans ce domaines tient donc compte du facteur humains comme LE fil rouge et c'est le seul...Si tu n'es pas persuadé, je ferais prochainement un billet sur mon blog qui je l'espère te convaincra, ce sujet est trop grave (comme celui du sang contaminé d'ailleurs) pour que des querelles idéologiques et partisanes viennnent rappeller aux mauvais souvenir des victimes et de leurs proches qui pleurent encore de toutes leurs âmes. Humilité, respect et bon sens, je pense que tu seras d'accord avec moi...
Bien à toi,
Christian
Je viens de faire un billet sur mon blog... Du moins pour ce qui concerne ma partie : la gestion des risques en établissement de santé !
Bien à vous tous
Bonjour,
Je ne dirais que deux choses sur ce sujet qui a suscité un vif débat, RESPECT et ANALYSE de nos erreurs passées.
Cordialement
Christian,
je ne peux qu'être d'accord avec toi et tes bons arguments surtout que comme tu le dis très justement les autoroutes sont bien plus sûres que les nationales et autres routes.
Toujours pour expliquer ma démarche, je suis depuis le début d'accord avec vous tous sur l'importance du facteur humain mais il ne m'intéresse pas particulièrement sinon j'en aurais parlé :). Mon dada c'est les mutations contemporaines et les organisations.
En ce cas, et juste pour vous embetez, si le facteur humain est le fil rouge c'est toujours une association ou un individu relayé par des médias et institutions locales qui agiront... et pour moi ce sont des organisations autrement dit "quelque chose" qui met en place une stratégie. Humaniste, politique, de gestion du personnel et de l'humain si vous voulez... seul l'aspect organisation stratégique m'intéressait dans ce billet. Et si l'humain est le fil rouge, celui ou ceux qui agissent pour lui doivent, parallèlement à leur combat pratique, conquérir une stabilité sociale pour agir contre les tristes pertes routières. Ils doivent assurer leur légitimité sociale et leur visibilité qui est pour moi très différent de militer pour la sécurité routière puisque c'est le travail d'une organisation (hahahaha)
Vous êtes quand même pas croyables hein ? on parle de gestion des risques bien froide, bien organisationelle et tac ! direct vous me servez de l'humanité et du sentiment
... et de te rappeler Frame que les gestionnaires de risque que nous sommes sont des êtres humains dotés pour la grande majorité d'entre eux de sentiments et d'une grande humanité, raisons, très souvent pour lesquelles ils ont d'ailleurs choisi ce métier !! Je sais que je ne suis pas "croyable" mais je préfère ça à "pro-outrée"... hé hé hé !!!
Bien à toi et à très vite !!!
... et de rappeler (je le rajoute parce que j'ai pas envie de me brouiller avec une pro outrée croyante
) qu'effectivement les organisations restent dirigées par des êtres humains caractérisés par une resistance a certaines valeurs et perméables à d'autres. Ce qui nous autorise craintes et surtout espoirs sur tous les processus à l'oeuvre dans les organisations. Lesquelles sont un peu comme des techniques (ou des techniques tout simplement) on en tire du bien ou du mal selon la manière dont on l'anime.
Frame,
Je te demande pardon..., mais je crois qu'il faut que tu essais de garder un minimum de cohérence dans ce que tu dis, je te cite :
"Vous êtes quand même pas croyables hein ? on parle de gestion des risques bien froide, bien organisationelle et tac ! direct vous me servez de l'humanité et du sentiment"
Plus haut dans ton billet de départ, c'est quand même toi et toi seul qui nous invite à débatre sur je te cite encore une fois :
"Je ne parlerai pas dans ce billet des différents processus de veille, des pratiques professionnelles à l’œuvre en termes de gestion des risques. Tout cela est plutôt bien expliqué sur wikipedia.......Le cas qui fait école en France en matière de gestion des risques est l’affaire du sang contaminé. Cette affaire en dit assez long sur le rapport entre gestion des risques et individu....."
Bon alors...soit je suis un peu lourd...ou soit tu es un chouya de mauvaise foi NON ???!!!
Bon c'est pas grave tout ça...mais quand même...
Bien à toi,
Christian
Désolé Christian, je vais vous faire une petit lexique framien un de ces jours. L'individu est pour moi l'être humain pris dans des macro-systèmes, dans le cadre de l'organisation il joue un rôle passif (dans mon article le manque de moyen des familles des victimes devant le jugement rendu... qui apparemment détourne la réalité si je t'en crois).
Ce qui pratiquement est faux mais m'aide à isoler les organisations. Il n'a alors pas forcement d'opinions propres juste des caractéristiques retenues comme son individualisme, son état grégaire, sa confrontation et/ou son intervention dans l'organisation. L'individu est un pion passif, l'être humain est un animal (héhéhé) doué de raison et actif.
Ah ?...tu es expert en communication je crois...
et pour pouvoir te comprendre, il va falloir que nous apprenions le "language FRAMIEN" ?...
Désolé mais...Je crois que je préfère rester; je te cite :
un "PION PASSIF"
En tous cas merci pour cette grande leçon de communication....et de modestie.
Christian
Heuuu ben reste Christian reste
... discours framien trop acceptisé pour moi... je reste fidèle à Christian... mais merci pour ce discours framien... Il faut suivre...
Bien à vous deux !